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"Et si on fermait la Bourse ?" -

Bonjour à toutes et à tous!

 

 

 

PENSER CRITIQUE
Kit de survie* éthique et politique
Pour situations de crise[s]

Faut-il dire adieu à la croissance  ? Durant deux jours seront déclinés rencontres, animations, débats et projections consacrés aux grandes questions économiques et sociales du moment 

 

Photo : S’il est facile de dénoncer la pauvreté, il est plus ardu de la combattre. Les personnes qui souffrent de la faim, vivent dans le dénuement et sont atteintes dans leur dignité, ont besoin de plus que de l’expression de notre compassion; elles ont besoin d’un soutien concret

 

Sans croissance, point de salut ! répètent à l'envi les gouvernements européens. Mais à long terme, faut-il réellement faire de l'augmentation du PIB l'alpha et l'oméga du progrès humain ? Aujourd'hui, le PIB comme instrument de mesure de la richesse est de plus en plus contesté, nous obligeant à imaginer de nouveaux indicateurs et à nous interroger plus profondément sur le contenu même de la richesse Pourquoi parler de crise ?

 

"Et si on fermait la Bourse ?" - www.la-bas.org , Et si on fermait la bourse ? Avec Frédéric Lordon ... - Là-bas si j'y suis

 

 

Accueil - 2009-10 - émissions de Mars  
Et si on fermait la bourse ? Avec Frédéric Lordon
Le lundi 1er mars 2010

Couverture de "L’assiette au beurre
par Em. Barcet, 11 octobre 1902


Et si on fermait la bourse pour relancer l’économie ? Cours magistral avec le Professeur Lordon autour de son article "Et si on fermait la bourse ?" dans le Monde diplomatique de février 2010.
Autour de cet article, oui, et beaucoup plus loin, entre politique et économie, du capitalisme à l’autogestion...


Le site du Monde diplomatique



A lire
  "La stratégie du choc : la montée d’un capitalisme du désastre", de Naomi Klein
Editeur : Actes Sud (avril 2008)
  "Et si on fermait la bourse", l’article de Frédéric Lordon dans le dernier Monde diplomatique (février 2010)


A voir
"La Stratégie du choc" va faire l’objet d’une adaptation cinématographique de Michael Winterbottom et Matt Whitecross, qui sortira dans les salles le mercredi 3 mars

 

 

C'est pas nous, c'est eux... Ne nous en prenons pas aux effets, attaquons toujours les causes! Bakounine

 

La Finance imaginaire - www.la-bas.org - Là-bas si j'y suis "

 

 

Hollande, le Bourget 2012

 

La finance, mon adversaire n’a pas de visage et elle ne se présente pas aux élections". Pour le chercheur Geoffrey Geuens, cette phrase prononcée par François Hollande lors de son meeting du Bourget est emblématique du discours politique dominant qui oppose marché financier et Etat, deux entités sans chair et sans visage La finance imaginaire : citoyen actif

 

Vous avez dit socialiste ? mercredi, 19 février 2014

 

Les dirigeants de tous bords se foutent de nous quand ils réclament un encadrement rigoureux de la spéculation, car c’est tout le système qui, dans sa phase actuelle, a besoin de la spéculation et du crédit. . l. L’endettement de l’Etat : Partis du modèle du capitalisme. Comme il n’existe pas de capitalisme sans crédit, pas de crédit sans banque centrale, pas de banque centrale sans Etat et sans endettement de l’Etat, celui-ci est le l’axe autour duquel s’organise tout le système.

 

 

 

L'Exercice de l'Etat de Pierre Schoeller avec Olivier Gourmet : | Genre : fiction politique neuve. Bussereau - L'exercice de l'Etat , L'Exercice de l'Etat de Pierre Schoeller avec Olivier Gourmet , L'Exercice de l'État - Wikipédia : Hollande et le patronat , 10 mai 1981 - 15 mai 2011 ,...

 

la crise »,économie,poitique,société,documentaire,maleducados! el problema de la educación en chile,docuhistory

 

 Le Monde Diplomatique - L'art D'ignorer les Pauvres , Bref, une vidéo a été publiée y a pas longtemps sur les tout débuts du mouvement des indignés de Paris je sais pas si vous ne l’avez pas vu  vu. Le mouvement des indignés, doit être une des solutions de créer des mobilisations rassemblements avec les syndicalismes ( mais hors corporation), les anarchistes, féministes....  Il faut rassembler les luttes dispersées, sortir de l'égoisme et des luttes individuelles pour élargir les champs de combat

 

Faites le deuil du monde d'hier, Les maîtres ne sont pas à choisir, mais à destituer !Les maîtres ne sont pas à choisir, mais à destituer ! 

 

 DE LA SERVITUDE MODERNE - YouTube, Crise aux pays des merveilles, Lien entre capitalisme et l’endettement - Antalya, La Finance imaginaire - Hensozu

 

Dans « La crise » économique a effacé « vingt ans de progrès » - Citoyenactif

Pourquoi parler de crise et mobilisations ? - Saltabank

 

Ce que nous voulons attaquer c’est le discours dominant qui explique que les causes de la crise actuelle sont à chercher dans le mauvais capitalisme financier. Nous pensons que la crise financière n’est qu’un symptôme d’une maladie plus profonde et qu’il s’agit en fait d’une crise du capitalisme lui-même. Ses conséquences seront certainement terribles mais ce sera peut-être aussi l’occasion de remettre en cause le capitalisme dans ses fondements mêmes.

 

 

 Ce discours se décline de différentes manières selon qu’on désigne les traders comme seuls responsables ou qu’on dénonce la partialité des agences de notation, ce qui revient à accuser le thermomètre en cas de fièvre. Mais par-dessus tout, « c’est la faute à la finance et à l’endettement », ou comment confondre la maladie et le symptôme.

 

Or, il est impossible de séparer le bon capitalisme productif du mauvais capitalisme financier. Il n’existe pas d’un côté une économie qui produit des richesses et de l’autre une économie virtuelle, une finance parasitaire; il s’agit des deux faces d’une même réalité. Depuis le début de l’économie capitaliste, celle-ci ne peut fonctionner sans la finance, c’est-à-dire le crédit, les Bourses, la spéculation.

 

Le Baltic Dry Index (BDI) est un indice des prix pour le transport maritime en vrac de matières sèches (minerais, charbon, métaux, céréales, acier, ciment, etc.). Le coût du fret maritime varie avec la quantité de marchandises transportées. Et comme ces marchandises servent de base à la production industrielle, cet indice est vu comme un bon indicateur d'une croissance (ou décroissance) future de la production. C'est un indicateur avancé de l'état réel de l'industrie, donc du ronronnement du moteur de l'économie mondiale.

 

La « valeur » de ce capital est purement fictive : elle repose en grande partie sur l’endettement et le good will, c’est-à-dire sur des anticipations : la Bourse capitalise la croissance future, les profits futurs des entreprises, la hausse future des prix de l’immobilier, les gains que pourront dégager les restructurations, fusions, concentrations, etc. Les cours de Bourse se gonflent de capitaux et de leurs plus-values futures et les ménages se trouvent incités par les banques à acheter (entre autres) des actions et des certificats d’investissement immobilier, à accélérer ainsi la hausse des cours, à emprunter à leur banque des sommes croissantes à mesure qu’augmente leur capital fictif boursier

 

 

 

 Les dirigeants de tous bords se foutent de nous quand ils réclament un encadrement rigoureux de la spéculation, car c’est tout le système qui, dans sa phase actuelle, a besoin de la spéculation et du crédit. Les causes les plus profondes de la crise actuelle ne sont à rechercher ni du côté de la spéculation, ni du côté de l’endettement. Les achoppements financiers récents : crise des subprimes, crise de la dette, krachs boursiers à répétition, rôle des agences de notation, menace de faillite des États…tout cela est avant tout l’expression d’une crise du capitalisme lui-même.

 

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Le collectif RISC dont les textes affirment le caractère structurel de la crise actuelle du capitalisme

 

En effet, le capitalisme est confronté à une contradiction récurrente: d’un côté, il lui faut diminuer (ou en tout cas limiter) les salaires pour baisser les coûts de production et maintenir les profits. D’un autre, il faut que les consommateurs aient suffisamment de revenu pour acheter les marchandises produites.

 

Si le quart des gens étaient au courant de l'information qu'il y a dans ce tableau, il y aurait une révolution avant demain matin! 

Ces chiffres sont ceux des américains et je sais que quelqu'un finira par dire que c'est différent ici. Oui nous sommes pire comme l'indiquait Léo-Paul Lauzon dans son blogue ce matin: 

«Même l’organisme patronal du Conference Board a reconnu récemment que les inégalités de revenu progressaient plus vite au Canada qu’aux Etats-Unis (14 septembre 2011). Plus vite qu’aux States, le pays le plus inégalitaire des membres de l’OCDE. Pas plus vite qu’en Suède, qu’au Brésil ou qu’en France, mais plus vite chez l’oncle Sam. Pourquoi vous pensez?»

source de la photo: http://www.nytimes.com/2011/09/04/opinion/sunday/jobs-will-follow-a-strengthening-of-the-middle-class.html?pagewanted=all&_r=0

Au lendemain de la Seconde guerre mondiale, dans les pays d’Europe occidentale, d’Amérique du Nord et au Japon, l’expansion rapide de l’économie permettait de contenir et repousser les effets négatifs de cette contradiction. On augmentait les salaires, mais on augmentait plus encore la production. On rendait marchands de nombreux secteurs qui ne l’étaient pas auparavant, comme aujourd’hui on est en train de le faire avec l’éducation, la santé ou la sécurité. On fournissait à coûts plus bas (par l’effet de l’industrialisation et de la massification) une foule de produits plus nombreux, et qui faisaient vivre les prolétaires tout en maintenant les bénéfices. Pour développer la production de cette manière, il fallait que la consommation envahisse la société entière, avec tout ce que cela signifie: publicité, manipulation du désir, production d’une foule de saloperies destinées à satisfaire des besoins socialement créés.

Par ailleurs, ce qui s’appelait alors le tiers-monde était maintenu sous une domination coloniale ou post-coloniale qui permettait d’en exploiter les matières premières.

 

 

Les différentes structures du système capitaliste

 

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Le nouveau capitalisme

 

« Le capitalisme est en train de se transformer et connaît une nouvelle étape dans son évolution historique : c’est le passage du « capitalisme fordiste », qui a prévalu dans l’après-guerre, au nouveau « capitalisme actionnarial » (…)

 

La crise du capitalisme « fordiste » de l’après-guerre

Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, une nouvelle organisation de l’économie se met en place aux Etats-Unis et en Europe. Ce nouveau « régime de croissance », qualifié de « fordiste » par l’école de la Régulation, repose sur 4 piliers principaux :

 

  • Le rapport salarial « fordiste », organisant le partage des gains de productivité issus des principes tayloriens de l’organisation scientifique du travail sur la base d’un compromis capital/travail. Ce compromis est le fruit de négociations entre patronat et syndicats au niveau des branches et des entreprises. Il a permis une hausse rapide des salaires ;
  • Des politiques économiques actives, budgétaires et monétaires, dont l’objectif est d’assurer une progression régulière de la demande adressée aux entreprises ;
  • L’Etat-providence, c’est-à-dire un système de protection sociale fondé sur la solidarité entre les classes sociales et entre les générations ;
  • Des systèmes financiers administrés, destinés à assurer le financement de l’accumulation du capital productif par endettement bancaire à des taux d’intérêt faibles et contrôlés par les autorités monétaires.

Cet environnement institutionnel a contribué à créer un contexte économique et social d’une grande stabilité, particulièrement favorable à l’accumulation du capital industriel et à la croissance de la production : c’est la période des Trente glorieuses. La croissance est alors soutenue par la progression de la demande (…) et surtout par la progression du pouvoir d’achat des salaires découlant de leur indexation sur les gains de productivité et sur les prix. Enfin, la fixation administrative des taux d’intérêt garantit aux entreprises un coût du capital stable et bas, ce qui stimule l’investissement.

 

Ce régime de croissance rapide s’est essoufflé à partir des années 1970 avec le ralentissement de la croissance et la montée de l’inflation. La décélération des gains de productivité a été un facteur décisif et est allée de pair avec une baisse des profits des entreprises. Cette évolution résulte de la perte d’efficacité des méthodes tayloriennes d’organisation du travail ainsi que de la montée des conflits sociaux à propos de la distribution des revenus, conflits qui créent des tensions inflationnistes. Les événements de 1968 et l’échec des accords de Grenelle en France en sont l’illustration.

 

La crise du capitalisme fordiste résulte aussi de la déstabilisation du Système monétaire international (SMI). Les rythmes d’inflation différant selon les pays, le régime de changes fixes – qui assurait la stabilité des monnaies entre elles dans le cadre du SMI de Bretton Woods – est remplacé par un système de changes flexibles en 1973. Cette crise du SMI vient fragiliser (…) les économies [qui] deviennent de plus en plus interdépendantes. C’est le début du processus de mondialisation. (…)

 

 

Les débuts du « capitalisme actionnarial »

A partir de la fin des années 1970, en réaction à la crise du régime fordiste, les politiques économiques changent de cap dans les principaux pays industrialisés. Ces politiquent prennent place dans trois domaines principaux : une nouvelle régulation macroéconomiques, la libéralisation du système financier et, en France, la privatisation de la quasi-totalité des grandes entreprises industrielles et financières.

 

Les principaux piliers du régime fordiste sont remis en cause. Les politiques de rigueur salariale déconnectent l’évolution des salaires de celle des gains de productivité, les politiques de libéralisation et de privatisation font reculer la régulation publique et les réformes financières  bouleversent la logique du système financier : l’économie d’endettement administrée fait place à une économie de marchés financiers libéralisée. A la suite de ces choix politiques et idéologiques, un nouveau régime de croissance se met progressivement en place : le « capitalisme actionnarial », dans lequel la finance de marché joue un rôle central. La création de richesse financière par les entreprises en constitue le cœur. (…) Ses principales caractéristiques sont : (…) le rôle primordial des marchés d’actions et des investisseurs (…), la prépondérance de la logique actionnariale induisant de nouvelles formes de gouvernement d’entreprise ; (…) la perte d’autonomie des politiques économiques face aux marchés financiers (…) »

 

Extraits de D. Plihon (2003), Le nouveau capitalisme, Paris, La Découverte, coll. Repères, pp. 48-

 

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Politique budgétaire : relance de l’économie par la hausse des dépenses publiques. L’état peut par exemple décider de financer des mesures de réduction d’impôt afin de relancer la consommation.

 

Politique monétaire : relance de l’économie par la hausse de la quantité de monnaie en circulation dans l’économie. Auparavant, les états pouvaient contrôler la quantité de monnaie en circulation dans leur économie en jouant sur les taux d’intérêt. De nos jours, une baisse des taux directeur de la banque centale peut entraîner une baisse des taux d'intérêt d’emprunt et donc une hausse de la demande de la part des ménages, puisqu'il diminue ainsi le coût des emprunts et donc augmente les achats à crédit des ménages, tout en assurant aux entreprises des possibilités d'investissement à bas coûts leur permettant ainsi de répondre à cette accélération de la demande tout en évitant l'inflation.

 

Politiques permettant d’assurer une progression régulière de la demande adressée aux entreprises :  voir ci-dessus.

 

Système financier administré : Le capitalisme fordiste des 30 glorieuses repose sur un système financier administré fondé sur le financement bancaire.

 

Le capitalisme du XIXe siècle est atomisé et concurrentiel. Puis après la Seconde guerre mondial, apparaît le capitalisme dit « fordiste »par l’école de la régulation. Une nouvelle organisation de l’économie se met en place aux USA et Europe. Il repose sur 4 piliers institutionnels :

 

§         le rapport salarial « fordiste » : organise le partage de gains de productivité issus du système taylorien.

§         Politiques économiques actives, budgétaires et monétaires.

§         L’État-Providence : système de protection social.

§         Des systèmes financiers administrés (assurer le fin de l’accumulation du K productif par endettement bancaire à des taux d’intérêt faibles contrôlés par les autorités monétaires.

 

1)      Quelle période de l’histoire économique française le régime fordiste caractérise-t-il ?

 

Les 30 glorieuses  (1945 : fin de la guerre de 40 ; 1973 : premier choc prétrolier) caractérisées par :

  • Une reconstruction économique de pays largement dévastés par la guerre ;
  • Le retour vers une situation plein emploi ;
  • Une croissance forte de la production industrielle ;
  • Une forte expansion démographique importante (le baby boom)
  • Diffusion de nouvelles technologies, le développement de l’industrie et la production de masse

 

Tout cela a changé depuis la crise des années 1970 et la restructuration du capitalisme qu’elle a provoquée. Les délocalisations d’industries et de services ont alors permis de baisser le coût du travail au niveau mondial. La consommation a été soutenue par le développement du crédit, qu’il s’agisse de dépense publique (et de dette publique) ou privée. Mais ce système est lui-même à bout de souffle, comme le montre la crise qui a commencé en 2007. Le krach de 2008 n’a pu être rattrapé qu’au moyen d’une expansion massive de l’endettement étatique. Le montant de cette dette, désormais impossible à rembourser, est l’expression concrète de cette impasse. La crise de la dette publique en Europe et les perspectives de défaut de la Grèce, désormais bien réelles, en sont la preuve. Ce n’est pas la finance qui est la cause de la crise, la finance est au contraire ce qui a permis à la crise provoquée par la contradiction récurrente du capitalisme d’éclater aussi tard.

 

 « Avec plus d’État pour encadrer la finance, nous pourrons construire une économie plus sociale et plus prospère.» Mais le discours antilibéral se heurte à une évidence[1] : l’État n’est pas ce qui s’oppose à la sphère de l’économie, il est dans un rapport de totale interdépendance avec l’économie. La raison en est simple: il doit se servir de l’argent pour financer ses projets. Lorsque l’économie commence à ralentir, elle limite et étouffe son action. Avec la diminution de ses moyens financiers, l’Etat se réduit à la gestion toujours plus répressive de la pauvreté.

 

 Concrètement aujourd’hui les États n’ont le choix qu’entre deux politiques : austérité draconienne ou création monétaire, c’est-à-dire recours à la planche à billets

 

Celle-ci frappe actuellement les États sous la forme d’une crise budgétaire et de divers programmes d’austérité. Partout en Europe, on nous explique que nous vivons au-dessus de nos moyens, qu’il va falloir travailler plus et se serrer la ceinture. Face à cette situation beaucoup se retournent vers l’État comme ce qui permettrait d’imposer des limites aux « dérèglements du marché ».

 

 . La première mène à la récession violente, la seconde à l’explosion d’une inflation incontrôlable.

 Les gouvernements agissent de façon étrange budgétairement et/ou monétairement parlant. A présent la banque centrale américaine a créé de façon si insensée tellement de monnaie et de crédit que tout et tout le monde est extraordinairement endetté de plus de 400% -- voire 700% ! -- du PIB !

 

2)      Suite au régime fordiste, quel nouveau régime s’est progressivement mis en place ?

 

L’essoufflement de la croissance dans les années 1970 avec ralentissement de la croissance et la montée de l’inflation provoque une baisse des gains de productivité et des profits des entreprises. La perte d’efficacité des méthodes tayloriennes d’organisation du travail entraîne la montée des conflits sociaux à propos de la distribution des revenus. Le capitalisme va devenir un capitalisme actionnarial.

 

On assiste à un vaste processus de transformations économiques, sociales, politiques à l’échelle mondiale. C’est l’émergence d’un nouveau capitalisme mondialisé sous l’effet de deux grandes forces : les nouvelles technologies et la globalisation financière. Ainsi s’opère une transition vers une nouvelle forme de capitalisme dominé par la finance et le savoir. Le nouvel état de l’économie porte plusieurs noms : le new age : âge d’or illustré par le modèle américain = croissance économique forte et durable (grâce aux nouvelles technologies et l’économie de marché) ou encore la nouvelle économie qui est l’ensemble des entreprises appartenant au secteur des nouvelles technologies de l’information et de la communication et dont le développement économique est fondé sur internet dans un nombre toujours plus grand d’activités).

 

 

3)      Qu’est-ce que la libéralisation des marchés financiers ? A quoi servent les marchés financiers ?

 

Les vingt dernières années ont été témoin de la libéralisation du secteur financier dans la plupart des pays de l’OCDE. L’objectif premier était d’accroître l’efficacité du système financier, mais les implications macro-économiques ont sans doute été au-delà de cet objectif, affectant les fluctuations du cycle et les mécanismes de transmission des politiques monétaires et fiscales. Plus précisément, la déréglementation financière, avec une compétition accrue dans le secteur des services financier, devrait avoir relaxé les contraintes de liquidité des ménages, grâce à l’extension des crédits, et permettre ainsi un niveau de consommation plus élevé.

 

 

Observateur éloigné mais néanmoins intéressé par l'histoire du capitalisme et de ces conséquences, je suis fasciné par la façon dont les grands événements qui trouvent leur origine dans des tendances long terme sont souvent expliqués par des causes court terme.

 

On explique ainsi la Première Guerre mondiale comme étant une conséquence de l'assassinat de l'archiduc Franz Ferdinand, héritier du trône austro-hongrois ; on explique la Crise de 1929 comme étant le résultat de la rigueur des politiques monétaires de la Fed ; on explique que Hitler est la cause de la Seconde Guerre mondiale ; et que la guerre du Vietnam est le résultat de la menace communiste.

 

De même, on attribue la désinflation qui a suivi l'année 1980 aux politiques monétaires restrictives de Paul Volcker. Le krach boursier de 1987 est de la faute des assurances de portefeuilles. Et la crise asiatique et le krach boursier de 1997 sont attribués aux étrangers ayant attaqué le baht (la monnaie thaïlandaise). Toutefois, si l'on regarde de plus près tous ces événements, on voit que leur cause était bien plus complexe et qu'un caractère inévitable entrait toujours en jeu.

 

Complexe et inévitable
Prenons par exemple le krach boursier de 1987. A l'été 1987, le marché boursier était devenu extrêmement suracheté et une correction était inévitable, peu importe à quel point l'avenir semblait prometteur. Entre le plus haut d'août 1987 et le plus bas d'octobre 1987, le Dow Jones a dévissé de 41%. Comme nous le savons tous, le Dow n'a cessé de monter les 20 années suivantes, pour atteindre un plus haut en octobre 2007 à 14 198.

 

Ces variations nous rappellent que nous pouvons subir de fortes corrections à l'intérieur même de tendances long terme. La crise asiatique de 1997-1998 est également intéressante parce qu'elle a eu lieu bien après que les fondamentaux macroéconomiques asiatiques ont commencé à se dégrader. Sans surprise, les analystes, gestionnaires de fonds et stratégistes asiatiques, en éternels optimistes, sont restés positifs sur les marchés asiatiques jusqu'à ce qu'éclate la catastrophe en 1997.

  

"les crises financières sont associées aux pics des cycles économiques", et qu'elles "sont le point culminant d'une période d'expansion et précèdent une phase descendante". ,  "crise réellement catastrophique" a toutes les chances d'avoir lieu "lorsqu'il y a une profonde instabilité monétaire -- lorsque le pourrissement touche au plus profond le système monétaire".

 

Il n'y a pas de hasard
une crise financière n'arrive pas par hasard mais après une longue période d'excès (politiques monétaires expansionnistes et/ou politiques budgétaires conduisant à une croissance excessive du crédit et à une spéculation excessive). Le problème réside dans l'établissement du moment de début de la crise. En général, comme c'était le cas en Asie dans les années 1990, les conditions macro-économiques se dégradent bien avant le début de la crise. Toutefois, les politiques monétaires expansionnistes et une croissance excessive de la dette peuvent allonger la durée du développement économique pendant une très longue période.

 

Dans le cas de l'Asie, les conditions macro-économiques ont commencé à se dégrader en 1988 lorsque le commerce des pays asiatiques et les excédents de balance courante ont chuté. Ils sont par la suite devenus négatifs en 1990. Toutefois, le développement économique a continué -- largement financé par des emprunts étrangers. Résultat : à la fin des années 1990, juste avant la crise de 1997-1998, les baissiers asiatiques étaient totalement discrédités par le grand nombre de haussiers et leur point de vue était largement ignoré.

 

 "le niveau global d'endettement n'a pas d'importance... le passif de l'un est l'actif de l'autre" (comme le disait Paul Krugman), ils ont avancé plusieurs autres arguments en faveur de l'expansion économique continue de l'Asie et pour expliquer pourquoi l'Asie ne connaîtrait jamais le genre de "crise tequila" que le Mexique avait traversé à la fin de 1994, lorsque le peso mexicain s'est effondré de plus de 50% en quelques mois.

 

En 1994, la Fed a augmenté le taux des fonds fédéraux de 3% à près de 6%, provoquant une débâcle du marché obligataire. Les bons du Trésor US à 10 ans ont grimpé de moins de 5,5% fin 1993 à plus de 8% en novembre 1994. A leur tour, les marchés actions et obligations des émergents se sont effondrés. En 1994, il était devenu évident que les économies émergentes perdaient de leur dynamisme et que le monde se dirigeait vers un important ralentissement économique, voire une récession.

 

Mais lorsque le président Clinton décida de renflouer le Mexique, passant outre l'opposition du Congrès US mais avec le soutien des leaders républicains Newt Gingrich et Bob Dole, et exploita un obscur fonds du Trésor pour prêter au Mexique plus de 20 milliards de dollars, les marchés se stabilisèrent. Les prêts accordés par le Trésor américain, le Fonds monétaire international et la Banque des règlements internationaux se sont élevés au total à près de 50 milliards de dollars.

 

Ce sauvetage a été beaucoup critiqué, cependant. L'ancien co-président de Goldman Sachs, le secrétaire au Trésor Robert Rubin, a utilisé les fonds pour renflouer les obligations mexicaines assurées par Goldman Sachs et dans lesquelles l'entreprise possédait des positions d'une valeur d'environ cinq milliards de dollars.

 

Echecs du sauvetage du Mexique en 1994. :  ses conséquences ont été que les obligations et les actions ont grimpé en flèche. En particulier après 1994, les obligations et les crédits des marchés émergents ont excellemment performé -- c'est-à-dire jusqu'à la crise asiatique en 1997. Clairement, il y avait sur le coût de l'économie mondiale une sorte d'aléa moral parce que les investisseurs, enhardis par le renflouage, se sont rués sur les crédits des marchés émergents, même de moindre qualité.

 

<En 1994, il était devenu évident que les économies émergentes avaient renversé la vapeur et que le monde se dirigeait vers un magnifique ralentissement économique sinon une récession. Mais le renflouage du Mexique a prolongé le développement économique des économies émergentes en rendant disponible les capitaux étrangers avec lesquels financer leur commerce et leurs déficits courants. En même temps, il a conduit à une crise bien plus grave en Asie en 1997, puis en Russie et aux Etats-Unis (LTCM) en 1998.

 

La leçon que j'ai donc tirée de la crise asiatique est qu'elle a été dévastatrice parce que, étant donné le cycle économique naturel, l'Asie aurait déjà dû ralentir en 1994. Mais du fait du renflouage du Mexique, l'expansion asiatique a été prolongée grâce à la disponibilité des crédits étrangers.

 

Les disparités s'élargissent
Ce financement de la dette en devises étrangères a créé une énorme disparité des actifs et des dettes. Les actifs qui ont servi comme nantissement de prêts étaient libellés en devises locales tandis que les dettes l'étaient en devises étrangères. Cette dissonance a exacerbé la crise asiatique lorsque les monnaies ont commencé à faiblir, parce qu'elle incitait les entreprises locales à convertir les monnaies locales en dollar aussi vite que possible dans le but de couvrir les risques de change.

 

En résumé, En fait, il n’y a pas de contradiction fondamentale entre le fait de dire qu’il y a bien approfondissement de la crise ces dernières années et que le capitalisme est d’une certaine façon une crise permanente : la crise peut être analysée à la fois comme un mode de fonctionnement ordinaire du capitalisme et comme une remise en cause potentielle de sa propre existence. Le capitalisme est ce jeu qui inclut sa contradiction dans sa propre règle, et qui donc pourrait tendre à son abolition, mais la réalité c’est que c’est à la lutte des classes, c’est à nous de le faire.

 

La crise actuelle pourrait bien sûr être résolue par des moyens déjà utilisés historiquement par ce système dans des contextes comparables: guerre(s), destruction massive des moyens de production et de la force de travail. Elle pourrait aussi durer longtemps dans un processus continu d’appauvrissement pour la plupart d’entre nous, secoué par des explosions sans issue, voire des conflits de tous contre tous (concurrence entre groupes, racisme…).

 

Mais on peut aussi penser que, pendant une crise grave prolongée, les automatismes sociaux, les habitudes, s’affaiblissent et disparaissent. Beaucoup de personnes pourraient remettre en question ce qu’elles considéraient auparavant comme naturel, inévitable. Et c’est bien pour cela que les crises sont potentiellement des moments de remise en cause du capitalisme.

 

Alors pourquoi cette analyse, qui est à peu près la seule à se trouver confirmée aujourd’hui par la crise récente, suscite-t-elle si peu d’attention? Pourquoi est-il si difficile d’admettre aujourd’hui que notre système est à bout de souffle? Avant tout parce que personne ne peut vraiment imaginer la fin du capitalisme. L’idée même suscite une peur panique. Tout le monde pense qu’il a trop peu d’argent, mais chacun se sent menacé. Or, c’est bien l’argent mais aussi la marchandise, le travail, la propriété et l’État, qu’il faut attaquer.

 

La disparition de cette société représente un tel bouleversement qu’on ne l’envisage pas nécessairement avec légèreté. Mais nous ne sommes pas condamnés à tenter de sauver l’économie qui chancelle et nous écrase. Nous pouvons contribuer à sa disparition. Pas pour le néant, mais pour un monde sans État et sans classes, un monde pour toutes et tous, sans exploitation ni domination.

_________________________

[1] Les antilibéraux rêvent de retourner à un Etat qui les protègerait du capitalisme alors même que la fonction de l’État est d’assurer son bon fonctionnement. Dans ces conditions leur politique aboutit simplement à des formes nouvelles de patriotisme économique, des mesures plus ou moins protectionnistes pour essayer d’empêcher les délocalisations, voire carrément au nationalisme.

Collectif de la Revue Internationale Sur la Crise – Paris

 

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Merde in France

 

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08/03/2014
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